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Le barrage hydroélectrique de Bendera |
Kalemie. Mr Salumu Baluku, le nouveau directeur de la SNEL Bukavu et du barrage hydroélectrique de Bendera a découvert le CAVK. Il n’a pas hésité à faire appel à ses services pour réaliser un reportage sur la situation car « l’image vaut milles mots », le slogan de 3TAMIS ! Ernest, notre caméraman s’y est rendu.
Déjà la vidéo a été envoyée aux autorités de Lubumbashi et de Kinshasa et des photos ont été prises.
L'idée est d'interpeller les autorités en leur permettant de se rendre compte de l'urgence et l'opportunité à investir à nouveau dans ce barrage. Car depuis sa création, il a assuré la fourniture d'énergie à plusieurs villes et aux entreprises comme la cimenterie de Kabimba. Bendera est connu pour sa chute d’eau de la rivière Kyimbi. Situé à la limite entre le Sud-Kivu et le Katanga à 120 Km de la route Kalemie Fizi Uvira. La rivière Kyimbi descend des hauts plateaux Mugandja (2.000 m) par une succession de chutes. Les chutes les plus importantes sont de l'ordre de 100 à 150 m, mais l'ensemble présente une dénivellation de plus de 750 m, comportant une succession de sauts et de rapides entrecoupées de très courts paliers. Les textes sont extraits et aménagés à partir de "Essor du Congo", écrit par le directeur de la centrale de l’époque, Mr A Leenders - Article Collection Jean Louis Gabriel, Pour l'histoire de la construction du barrage, cliquez ici. www.Albertville.be avec qui nous partageons notre passion à faire connaître une région riche en histoire, en devenir.
Le barrage construit en 1952, est un déversoir en arc de cercle de 60 mètres en béton. La crête se trouve à l’altitude 1.652 mètres. La retenue est constituée de 75.000 m³ d’eau environ. Deux vannes de vidange de fond permettent d’évacuer les dépôts qui se forment à la retenue. La prise d’eau est constituée de deux pertuis protégés par des grilles fines. Un dégrilleur permet de nettoyer les grilles en service. La galerie a une longueur de 1.428 m, bétonnée partiellement. Le dessableur est constitué par une chambre cylindrique de 30 m de longueur et de 7 m de diamètre. Les sables décantés sont évacués par une tuyauterie vers un ravin parallèle à la conduite forcée. Ce dessableur élimine tout grain de sable plus grand que 0,3 mm !
La conduite forcée en tube métallique a une longueur de 1.400 mètres et un diamètre décroissant de 1,1 à 0,90 mètre. Son débit maximal est de 4,5 m3. La centrale a été prévue pour 5 groupes de 8.250 KW dont deux sont installés à ce jour.
Les turbines de marque Riva sont du type Pelton à axe horizontal à une roue et à un jet, avec une vitesse est de 750 tours par minute. Les alternateurs de 10.750 KVA produisent l’énergie à la tension de 10.000 volts.
Le poste de transformation extérieur est constitué de 3 transformateurs monophasés prévus pour une puissance triphasée maximum de 25.000 KVA. Il élève la tension de 10.000 à 132.000 volts pour le transport vers Kalemie. La ligne d’une longueur de 110 km est composée de trois câbles aluminium acier disposés en nappe. Elle est prévue pour le transport de 50.000 KVA (puissance totale de la centrale entièrement équipée). A Kalemie, la tension est abaissée de 132.000 à 1.000 volts.
Un défaut d'entretien à la mesure du pays, même si l'outil a été maintenu pour son fonctionnement minimum "à la congolaise" Depuis sa construction, le barrage n’a reçu aucun nouveau matériel ou développement : Alors qu’il était prévu 5 turbines, seules deux ont été installées. Ce qui suppose une difficulté d'assurer un service constant étant donné le minimium de maintenance à faire sur ces machines ! La ligne haute tension n'est pas entretenue sur les 110 km qui sépare le barrage à Kalemie. Des coupures sont fréquentes lors de grands vents d'orage, les branches d'arbre atteignant les câbles. L'élagage se fait quand le problème devient aigu. Parfois la MONUC met à disposition un de ses hélicoptères afin de repérer l'endroit à réparer. Mais est-ce la mission de la MONUC ?
L’abandon du site est général. Toutefois à voir les photos, il semble qu'un minimum d'entretien a été maintenu à la centrale. Tout à l'honneur de son personnel. Il faut dire qu'il fait partie de ces rares entreprises ayant une certaine capacité de renvendication pour le paiement de leur salaire, il suffit de couper le courant... parfois payé en sacs de ciment fournis par la cimenterie de Kabimba, à Kalemie ! La région est exploitée par des creuseurs artisanaux. Leur chantier dévaste la forêt, avec comme conséquence pour le barrage, l'accumulation de débris et sédiments. Il n’est pas rare d’arrêter l’exploitation pour nettoyer les grilles. Comme vous le voyez sur la photo, un tronc d'arbre hésite à faire le grand saut ! Il est là depuis longtemps... Barrage de Bendera, une réhabilitation aux potentialités évidentes. Avec le retour de la paix, d'énormes investissements en énergies renouvellables sont en court d'étude. La rumeur voudrait que Bendera soit même susceptible de fournir de l'électricité au Sud-Kivu, Uvira, Bukavu... Il faudra prendre en compte les problèmes de l'exploitation des forêts et du sol, le problème social qui est lié, afin de préserver l'environnement nécessaire à la survie du barrage, de la forêt, de son exploitation "écologique" en terme de durabilité et des Hommes, finalement. Un formidable opportunité pour proposer une réflexion et une action novatrice, pionnier du développement durable alliant économie, social, culture et environnement.
La route et le funiculaire sont en piteux état. Les employés n'ont pas été "motivés" à se rendre pour l'entretien. Il faut des heures de marche, à grimper dans une région d’altitude, où il fait froid et humide au contraire de Kalemie, région au climat chaud. |
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